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L'Afrique évolue dans un monde dominé par le libéralisme
égoïste et doit compter sur sa population plus que sur l'aide des autres pour prendre le train
de la mondialisation. Il appartient dans un tel contexte aux cadres de mettre en place un système participatif
et éducatif pour conscientiser, mobiliser et conduire les populations africaines vers la prise en main effective
de leur destin sur divers plans ; économique (production de qualité, distribution efficace, gestion adaptée
des revenus), politique (se faire entendre, défendre ses droits et ses biens), social (établir des normes
d'équité dans le partage du produit social), culturel (exiger que nos valeurs, notre patrimoine soit
accepté, promu et accessible partout sur la terre en mondialisation). S'appuyant d'abord sur cette dynamique
interne pour pouvoir collecter et gérer dignement et efficacement les élans populaires de solidarité
et de partenariat à travers le monde les cadres africains peuvent accélérer la marche des
populations pour s'éloigner de sa position actuelle à la périphérie du monde et avancer
rapidement vers le centre.
La mission du RADI est de mobiliser les cadres africains pour la création d'une structure d'intégration
et d'interaction participative dont la vocation est de conscientiser les populations et les cadres africains
sur leur devoir commun de créer les conditions d'un changement de mentalité fondé
sur l'intégration à notre culture des connaissances scientifiques, techniques, managériales
etc. du monde d'aujourd'hui tel que régi par le libéralisme. Il n'empêche que
le combat contre l'injustice et l'iniquité sur lesquelles repose le libéralisme ne pourra
être esquiver surtout dans ses aspects les plus extrêmes comme le nouveau colonialisme qu'est
le commerce inéquitable ou la baisse des termes de l'échange dans le partage du bien commun
mondial entre les pauvres et les riches, la primauté du capital sur le travail, la conditionnalité d'une
politique économique libérale pour accéder à l'aide publique au développement,
le pouvoir dictatorial donné aux institutions financières internationales comme la BM et le FMI pour piloter nos
pays depuis le rapport Berg qui a ouvert la voie aux politiques d'ajustement structurelles qui ont finies par s'imposer
au point que même les ONG ne s'en offusque
plus que mollement.
Dans un contexte où les Etats pauvres ont perdu le pouvoir de guider leurs peuples parce que financièrement
trop dépendants de l'aide extérieur calculée pour mieux les dominer. « L'aide
est une dépense mais nous savons calculer ce que nous donnons et, s'il arrive que l'on y manque
nous savons faire que l'on le sente. » Général De Gaulle. Toute organisation, tout citoyen doit pour
préserver son autonomie chercher les moyens d'existence indépendamment de l'assistance pour laquelle
elle ou il n'est qu'intermédiaire.
Lors du sommet du micro crédit à New York en 1995, j'ai exprimé la honte que nous ressentions
tous de voir nos ministres défiler à Paris, Londres ou Washington chaque année pour quémander
le rééchelonnement de leur dette et j'ai exprimé l'espoir que le micro crédit
ne sera pas la cause qui étendra ce va et vient honteux à la société civile et aux
peuples des pays pauvres. Beaucoup d'africains sont venus me féliciter d'avoir exprimé
ce sentiment qu'ils partageaient tous avec moi.
Il n'y a en effet aucune gloire à vouloir croupir dans la dépendance et vivre de dons quémandés
ou pire encore d'emprunts quand on se sait incapable de rembourser.
La société civile Africaine doit créer les moyens de son existence et chercher de l'aide
uniquement pour accélérer l'efficacité de la lutte du peuple pour un meilleur devenir. Notre
fierté n'est pas dans notre capacité à convaincre d'autres de nous donner de l'argent
pour aider les populations tout en nous faisant vivre, mais dans notre capacité à trouver nos moyens
d'existence nos charges structurelles par nos propres moyens et de pouvoir affecter tous les dons reçus
au développement économique et social de nos peuples. La mission du RADI est d'amener les
peuples africains à développer leur terroir avec leurs propres efforts, leur savoir faire, reconquérir
la confiance en soi et seulement après, pouvoir accepter l'aide des peuples du monde lorsqu'elle
peut accompagner la marche dans la direction choisie par nos populations.
Le Président du RADI
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