Depuis 1960, date de son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal est considéré comme un modèle de démocratie et de « stabilité politique » et cette perception s’est renforcée depuis l’alternance politique intervenue en 2000 à la suite d’élections jugées « libres et transparentes ».
Sur le plan social, la volonté des populations (estimée à 10 millions d’habitants) de prendre une plus grande part dans leur autopromotion civique et économique se matérialise à travers l’auto organisation progressive de la société civile avec l’émergence de nouveaux acteurs. Les femmes et les jeunes jouent un rôle fondamental dans ces nouveaux réseaux de sociabilité, d’expression des nouvelles solidarités et d’autopromotion économique et apparaissent enfin comme des vecteurs stratégiques de tout changement d’attitudes par rapport aux institutions de la République.
Aussi dans ce contexte d’ajustement et de désengagement de l’état dominé par une double dynamique de décentralisation des pouvoirs et d’auto organisation de la société civile, le gouvernement du Sénégal affirme que la mise en œuvre d’une politique adéquate de ressources humaines est une condition indispensable à l’évolution de l’économie nationale. Mais il semble que cette idée se heurte à des obstacles dont le plus important est le hiatus constaté entre les acquis offerts par les textes qui régissent la république, et les pratiques sociales largement tributaires des mentalités à évolution trop lente. C’est ainsi que sur le plan juridique, malgré l’existence de nombreux textes garantissant les droits de la personne, les libertés individuelles et l’affirmation de principes tels celui du libre accès aux tribunaux, de la gratuité de la justice, ou des garanties des droits de la défense, leur application fait défaut.
Dans le même ordre d’idée, ces principes viennent conforter l’affirmation selon laquelle « nul n’est censé ignorer la loi » dans un contexte où la grande majorité de la population vit dans l’ignorance des texte de lois, les conditions matérielles n’étant pas réunies pour qu’elle puisse en prendre connaissance, les comprendre avant de pouvoir les exercer. C’est dans le souci de combler ces lacunes que le RADI a mis en place son programme juridique pour pallier au déficit d’information des populations le plus démunies sur les textes de lois existants. Ce programme a à son actif quatre (4) centres d’informations juridiques dans quatre régions du Sénégal à savoir : Dakar (1989), Kaolack (1992), ST-Louis (1994) et Thiès 1999.
