Le recours aux Organismes génétiquement modifiés (OGM) comme le moyen susceptible de régler le déficit en produits alimentaires auquel le monde est confronté constitue une ‘’solution de facilité’’, a soutenu mardi à Dakar, le coordonnateur du Forum social sénégalais.
L’homme qui quitte la terre ‘’pour aller prendre son thé sur la lune’’, entre autres prouesses, a tout aussi bien les moyens de pourvoir aux besoins en produits alimentaires de l’humanité, a dit Mignane Diouf au cours d’un atelier de sensibilisation des parlementaires sur les OGM et les droits des communautés.
Mais ‘’on a orienté les enjeux du développement et de la recherche sur autre chose que l’agriculture’’, a-t-il ajouté au cours de cet atelier initiée par la coalition des organisations de la société civile pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN).
La rencontre vise à sensibiliser les parlementaires sur la question des OGM, en perspective de l’adoption prochaine d’un projet de loi sur la biosécurité.
Le monde a les capacités de nourrir 9 milliards de personnes, plus que la population totale actuelle du monde, a-t-il affirmé, estimant que les crises alimentaires qui secouent en ce moment le monde sont dues à une ‘’inéquitable répartition des ressources’’. Ce qui est, selon lui, à la base des famines.
Cela dit, l’alimentation est liée à des cultures, des coutumes et des religions, des donnes que l’introduction des OGM risque d’annihiler ou à tout le moins de bouleverser, a prévenu M. Diouf, également responsable des programmes de campagne du Réseau africain pour le développement intégré (RADI).
Par conséquent, l’introduction des OGM risquent de ‘’bafouer’’ ces valeurs traditionnelles, cultuelles et culturelles et nécessite, de ce point de vue, qu’un débat large soit organisé sur la question.
Le rôle des ONG consiste dans ce débat à donner ‘’la bonne information’’, a ajouté M. Diouf non sans suggérer un partenariat solidaire et socialisé entre les ONG et les parlementaires.
L’importance de la question des OGM s’explique aussi ‘’par l’enjeu de perdre les stocks de semences’’, a poursuivi le coordonnateur du Forum social sénégalais.
‘’Nous ne sommes pas contre les progrès scientifiques’’ mais il est nécessaire, à son avis, de respecter et de renforcer les règles alimentaires ‘’sans transgresser la liberté des personnes’’, a-t-il déclaré.
