La présidente de l’Association des juristes sénégalaises (AJS), Marie Delphine Ndiaye Wade, a plaidé vendredi à Saint-Louis, pour une réaffectation des terres non exploitées au profit des femmes productrices laissées en rade par les commissions d’attribution.
‘’Quand on bénéficie d’une dotation de terre et qu’on reste deux ans sans l’exploiter, la loi autorise la réaffectation’’, a dit Mme Wade, ajoutant que cette redistribution devrait profiter aux femmes qui ont des problèmes d’accès à la terre.
Mme Wade s’exprimait devant la presse en marge de l’ouverture d’un atelier de deux jours de l’AJS au Centre interprofessionnel de formation des agriculteurs (CIFA) de Ndiaye sur le thème : ‘’Pour l’effectivité de l’accès des femmes rurales à la terre’’.
Selon la présidente de l’AJS, les femmes rurales souffrent d’une discrimination dans la distribution des terres alors que du fait de l’exode poussant les hommes vers les villes, elles assurent la majorité des travaux champêtres.
‘’Ceci constitue un dysfonctionnement qui explique la féminisation de la pauvreté’’, a soutenu la juriste qui a plaidé pour ‘’une discrimination positive’’ en faveur de ses sœurs rurales dont ‘’l’engagement au travail n’est plus à démontrer’’.
Consciente du rôle de l’AJS dans la bataille pour l’amélioration du sort des femmes en général, la Banque africaine pour le développement (BAD) lui a confié le plaidoyer pour l’accès des femmes à la terre, a fait savoir Mme Wade, signalant que cet atelier est organisé en partenariat avec le Projet d’appui à la modernisation du cadastre (PAMOCA).
‘’L’AJS remettra un mémorandum à la fin de cet atelier pour demander l’effectivité des textes qui constitutionnalisent l’égalité entre l’homme et la femme pour l’accès à la terre’’, a déclaré sa présidente qui s’est réjouie d’avoir contribué à la victoire acquise par la Sénégalaise dans plusieurs domaines d’activités.
En effet, a-t-elle rappelé, l’AJS qui est aujourd’hui vieille de 35 ans, ‘’a été à l’avant-garde des combats pour faire bénéficier à la femme de la puissance parentale et au droit de prendre en charge son mari en cas de besoin quand elle travaille’’.
‘’De même elle entend mener aujourd’hui d’autres combats comme celui de l’accès à la terre et de l’attribution de la nationalité à l’enfant de la femme sénégalaise, possibilité jusqu’ici dévolue aux hommes seulement’’, a dit Mme Wade.
L’atelier sera marqué par des communications sur le renforcement des capacités de production des femmes pour consolider leur accès à la terre avec un accent particulier sur l’information.
Le constat sur le terrain est que l’agricultrice n’a en général pas accès à la technologie agricole et les chercheurs dans ce domaine soulignent que la femme rurale ne bénéficie pas pleinement des innovations agricoles, qui ne répondent pas souvent à ses besoins.
Les participantes se pencheront également sur les thèmes relatifs aux lois et à la problématique de l’accès effectif des femmes rurales à la terre. Ils seront introduits par le juriste Kabyr Ndiaye du Réseau africain pour le développement intégré (RADI), et la consultante en décentralisation et développement, Marième Diop Dièye.
