La relance de la production agricole passe à court terme par une véritable capacité d’investissement des paysans, indique le rapport d’un groupe de travail réunissant des responsables des ministères en charge de la formation agricole et rurale, d’ONG et d’organisations de paysans, avec l’appui de la coopération sénégalo-suisse.
Un conclave réunissait depuis lundi dernier, pour trois jours, plusieurs partenaires dans le cadre des journées nationales de la formation agricole et rurale. Ces journées étaient célébrées en même temps le 10ème anniversaire du bureau d’appui à la coopération sénégalo-suisse qui doit être fermé en juin.
Des acteurs au développement du monde rural ont livré à l’occasion les conclusions d’une étude de réflexion prospective soutenue et approuvée par le ministère tutelle. Cette réflexion a débouché sur document intitulé : ‘’Former les acteurs d’une nouvelle économie agricole et rurale : orientations et stratégies à l’horizon 2015’’.
Dans les conclusions pour la relance à court terme de l’agriculture, les responsables du développement du monde rural soutiennent que ‘’la relance de l’agriculture sénégalaise est la priorité à court terme’’ ajoutant que ‘’cette relance n’est possible que si les paysans ont une réelle capacité d’investissement’’.
‘’Des données disponibles ont montré qu’à cause de la baisse des revenus agricoles, les paysans ne peuvent plus tout simplement mettre en oeuvre les techniques améliorées qu’ils connaissent parfaitement’’, a constaté le groupe de travail dans son rapport.
‘’Les paysans n’investissent plus dans les intrants pour améliorer leurs productions. Les consommations de semences, d’engrais, de matériels de culture, d’aliments de bétail, de produits phytosanitaires sont inférieurs aux consommations des années 70’’, selon l’étude.
Ces facteurs rendent nécessaire la relance de ce secteur pour propulser la production agricole.
‘’Cette politique de relance doit donc combiner toutes les mesures permettant d’accroître les revenus des ruraux pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre la pauvreté, mais aussi leur permettant de dégager une épargne à investir dans la production’’, ont expliqué les auteurs du rapport.
Ces derniers ont toutefois reconnu que dans le cadre de l’amélioration des revenus des ruraux, le gouvernement a pris des mesures notamment en exonérant de droit de douanes les intrants importés, en réduisant le taux d’intérêt pour le crédit, lequel doit être accompagné de moratoires pour les arriérés de remboursement.
Cependant, ces mesures sont jugées pour l’instant insuffisantes par le groupe qui, en plus, plaide pour un transfert des gains importants de productivité des différentes filières aux producteurs, par une réduction des coûts de production ou une augmentation des prix d’achats des produits.
La relance des investissements chez les paysans doit se traduire concrètement ‘’par des mesures incitatives de la part de l’Etat et la coordination des différentes filières agricoles’’, indique le document.
Elle suppose également une participation active des organisations paysannes aux comités interprofessionnels.
Par ailleurs, le rapport souligne que les agents économiques et l’Etat doivent disposer d’une base statistique fiable pour les enquêtes agricoles. ‘’Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui’’, selon les responsables du rapport.
Selon le groupe de travail, ces bases de données permettront à terme de faciliter la prise de décision (du ministère tutelle), ainsi qu’elles permettront d’informer sur les coûts et les plus-values dégagées dans toutes les filières agricoles.
La mise sur pied de cette base de statistiques fiables dans l’agriculture permettra en fin de compte de faciliter et d’améliorer les conditions d’accès et d’accroître la disponibilité des crédits sous toutes les formes pour les paysans.
Il appartient aux ministères tutelles de décider de la mise en œuvre de l’exercice de planification stratégique du document qui rejoint, dans une certaine mesure sur le plan de l’autonomie financière des paysans, l’idée lancée par le président sénégalais Abdoulaye Wade tendant à la création d’une banque des paysans.
